Une élève d’Alain Deleurence, enseignant le basson au Conservatoire colmarien, va poursuivre ses études à Paris après avoir réussi le concours d’entrée au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP).

«C’est la première fois que cela m’arrive dans ma carrière, ici ou à Lille auparavant, d’avoir une si jeune élève au CNSMD» dit Alain Deleurence de Laure Thomas. Photo L’Alsace/Jean-Louis Lichtenauer


«C’est un beau cadeau pour moi, avant de prendre ma retraite cette année.», confie Alain Deleurence, pourtant habitué à ce que certains de ses élèves rejoignent le CNSMDP, sans doute l’un des établissements les plus cotés, les plus prestigieux au monde d’où sortent les plus grands interprètes, solistes ou membres des plus grands ensembles symphoniques, de musique de chambre ou contemporains. Son directeur n’est autre que Bruno Mantovani, dont les créations sont régulièrement à l’affiche du festival Musica de Strasbourg.

«C’est un OVNI !» poursuit-il en parlant de Laure Thomas. «À 14 ans, c’est la plus jeune à réussir ce concours. Tous les 11 élèves qu’en trente ans de carrière j’ai menés jusque-là avaient au moins 17 ans. Durant les deux tours de sélection, elle était confrontée à d’autres de 16 à 19 ans. Je pense qu’elle est la plus jeune à entrer en classe de basson au CNSMDP».


La plus patiente

Laure Thomas a découvert le basson il y a 8 ans, après avoir longuement fait la queue lors des Portes ouvertes du conservatoire. «C’était une rencontre». Un an plus tard, elle a fini 2e lors d’un concours à Marseille. Elle a un palmarès impressionnant, remportant depuis 2012 tous les premiers prix du concours national «Jeunes vents bassons». L’an passé, concourant en catégorie avec orchestre, le dirigeant Theodor Guschlbauer fut tant impressionné qu’il l’a invitée à jouer en soliste un concerto en Allemagne.

Un bel avenir

«On a travaillé dur. C’est quelqu’un de très persévérant, courageux. Je suis là pour leur apprendre l’histoire de la musique, les pièces baroques, romantiques…».

Nullement impressionnée par un tel parcours, Laure Thomas, excellente élève en 3e avec une moyenne supérieure à 17, s’apprête à rejoindre Paris durant cinq années en internat, alternant lycée le matin et cursus musical l’après-midi avec deux cours instrumentaux par semaine, du solfège et de l’analyse d’œuvres.

Celle qui dit n’avoir du stress qu’avant de jouer, répète durant 3 heures par semaine en cours, plus avant le concours, avec Alain Deleurence qui reconnaît que c’est un tremplin formidable pour elle, et poursuit chez elle durant 2 à 5 heures quotidiennement.
Après sa formation parisienne, elle projette de passer un master, d’intégrer un orchestre (que son professeur voit l’un des plus grands) ainsi que l’enseignement au sein d’un conservatoire. Voilà un bel exemple qui réjouit l’ensemble du conservatoire et le valorise.

Jean-Louis Lichtenauer