Le sommet du basson

On a tendance à l’oublier, on ne le voit pas tout de suite, il est derrière les cordes, discret mais indispensable. Absent, son velouté fait cruellement défaut. Lundi et mardi, pour deux concerts au foyer du théâtre municipal, le basson a été mis au-devant de la scène.

L'ensemble de bassons du conservatoire de Colmar et la pré-maîtrise - Photo DNA

Gilbert Audin (à g.) et Alain Deleurence, accompagnés au piano par Isabelle Ast. Photo DNA

Il est difficile de citer des œuvres pour basson, pourtant l’instrument doté d’un son unique, à la fois velouté et grave, a un rôle essentiel dans l’orchestre. L’air du grand-père dans Pierre et le loup de Prokofiev, c’est lui !

Pour se rappeler à l’oreille du public, il était pour deux soirées la vedette du concert, en concerto ou pour accompagner le chœur des garçons de la pré-maîtrise de Colmar, sous la direction de Christophe Lepelletier, professeur de chant, et d’Alain Deleurance, à l’origine du projet « basson et jeunes voix », professeur au conservatoire de Colmar et bassoniste de l’orchestre philharmonique de Strasbourg.

Ce sont les jeunes de l’ensemble de bassons du conservatoire qui ont ouvert la soirée en accompagnant la pré-maîtrise de garçons pendant quatre chants.

Une belle introduction, avant de se jeter dans le grand basson, avec le concerto en Fa majeur pour deux bassons du compositeur tchèque Jean-Baptiste Vanhal.

Le Bocuse du basson

Isabelle Ast accompagne au piano Alain Deleurance et Gilbert Audin, basson solo de l’opéra de Paris et professeur au conservatoire national supérieur, qui est au basson ce que Bocuse est aux queux, un maître, venu à Colmar pour animer une masterclass. Il n’aura pas fallu plus de trois mouvements aux virtuoses pour mettre le basson dans le cœur du public qui a chaleureusement applaudi l’interprétation.

Après l’entracte, rejoint par deux nouveaux bassonistes, David Sattler du philharmonique du Luxembourg, et Jean-Christophe Dassonville de l’orchestre de Strasbourg, qui ont interprété le concerto « Le Phénix » du compositeur baroque Michel Corrette, suivi du concerto en Sol majeur de Joseph Bodin de Boismortier, où est venu se rajouter Mathieu Caro, également bassoniste au philharmonique de Strasbourg.

La soirée a continué comme elle avait commencé, avec l’ensemble de bassons du conservatoire et la pré-maîtrise, pour deux nouvelles chansons, avant de s’achever avec les jeunes bassonistes sur des airs dansants, marches, valse, polka et galop des « Vier Karikaturen » de Peter Jansen. Une soirée qui a su donner toute sa hauteur au basson et l’emmener au sommet.