Dans le cadre des journées européennes du Patrimoine, le Musée Unterlinden a ouvert ses portes au public, mais aussi aux élèves et aux professeurs musiciens du Conservatoire.

Jeunes et même très jeunes, les instrumentistes ont donné une belle prestation dimanche au musée Unterlinden devant un public très attentif. PHOTO DNA Jeunes et même très jeunes, les instrumentistes ont donné une belle prestation dimanche au musée Unterlinden devant un public très attentif. PHOTO DNA

Le musée en pleine mue est un des musées des Beaux-Arts de province les plus visités de France. De la galerie du cloître au premier étage, en ce dimanche matin, sortaient des sons graves et veloutés. Ceux-ci étaient le fait de l’ensemble de bassons du Conservatoire à rayonnement départemental sous la direction d’Alain Deleurence, qui offrait un beau spectacle musical au public. L’occasion pour les curieux d’approfondir leurs connaissances du basson, instrument singulier qui ouvre le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky est la basse et le ténor de la famille du hautbois.

Gros plan sur le basson

Cet instrument à vent à anche double et perce conique formé de quatre éléments en bois et d’un bocal en métal est apparu au XVIe siècle en Italie. Encore mal connu, cet instrument est pourtant un pilier des orchestres symphoniques. Son utilisation exige un effort considérable en raison de son poids et une agilité à cause de la disposition curieuse des clés.

Les élèves du Conservatoire à rayonnement départemental de Colmar et leur professeur, Alain Deleurence, ont exécuté quelques œuvres choisies pour le plus grand plaisir du public.

L’auditorium de la médiathèque de Colmar a permis, samedi, aux auditeurs d’assister à la rencontre entre les bassonistes du conservatoire de Colmar et ceux de l’académie de musique de Monaco.

Colmariens et Monégasques réunis autour du basson. Photo Jean-Louis Lichtenauer

Décidément, grâce à Alain Deleurence et ses élèves de la classe de basson, cet instrument gagne ses galons à Colmar en multipliant les concerts. En effet, après la rencontre nationale de février qui avait rassemblé une centaine d’instrumentistes, le stage organisé au centre de vacances de Landersen en août et son concert de clôture, voilà que cette phalange a récidivé. Grâce aux liens qu’avait noués l’association de parents d’élèves Colmar basson, présidée par Pascal Thomas, le concert de ce samedi 28 décembre à la médiathèque de Colmar a vu huit élèves de l’académie de musique et de théâtre fondation Rainier III de Monaco se joindre aux locaux. Selon Alain Deleurence, cette prestation commune montre que les mille kilomètres séparant ces deux villes ne sont pas un obstacle, dès lors que le choix des œuvres était fait, chacun les répétant de son côté. À l’écoute dans l’auditorium, nul ne se rendait compte qu’une seule répétition commune avait eu lieu, le groupe, hébergé chez les familles colmariennes, n’étant arrivé que la veille, tant l’harmonie régnait entre les diverses voix instrumentales, que ce soit sous la direction de l’enseignant colmarien ou du Monégasque Michel Mugot qui, anniversaire oblige, a eu la surprise d’entendre les jeunes interpréter Happy birthday.

Programme choisi par les bassonistes

Instrument le plus beau du monde, au dire d’Alain Deleurence, à l’étendue importante comme le violoncelle, dans les registres de basse et de ténor, le fagot, son autre nom dû au fait que les parties du long tuyau en bois sont liées et fagotée sensemble, est fréquemment utilisé en duo, comme l’ont fait les deux enseignants dans des airs du Barbier de Séville de Rossini. «Chaque pièce a un but pédagogique. Même si on se détend un peu en swing, avec «Swinging sessions for bassoons» de Mike Walton, c’est aussi du travail. Je laisse beaucoup de choix aux élèves, c’est pour cela que sont joués, en plus d’œuvres du répertoire, des classiques du cinéma comme «Indiana Jones» ou «Star Wars», comme quoi, avec des bassons, on peut tout faire» conclut Alain Deleurence qui prépare d’ores et déjà, avec l’association des parents d’élèves, le déplacement des Colmariens dans la Principauté au mois d’avril.

Jean-Louis Lichtenauer

L’ensemble des élèves bassonistes de Colmar et Monaco. PHOTO DNA-C.S.

Deux classes de bassonistes, l’une de Colmar et l’autre de Monaco ont profité du lendemain des fêtes pour offrir au public l’exécution de quelques ouvres choisies, uniquement avec leur instrument de prédilection.

Le registre étendu du basson (trois octaves et une quinte) permet la transcription pour différents pupitres d’une même tonalité, des parties habituellement jouées par différents instruments.

Sur une Fanfáry du tchèque Linek ou un madrigal de Thomas Marley, la vingtaine de jeunes exécutants se concentre sur la justesse de ton.

Sur d’autres titres, notamment des extraits d’ Indiana Jones et de Star Wars les musiciens semblent plus à l’aise et insufflent une cadence toute vivace. Car le basson, plus mélancolique dans le registre mélodique et ses fréquences les plus aiguës, sait aussi se montrer groovy. Les deux formations se retrouveront au mois d’avril à Monaco pour partager leur passion du basson avec le public monégasque.

Colmar Concert de l’Ensemble de bassons des classes de Colmar et de Monaco - Colmar

Les classes de bassonistes de Colmar et Monaco réunies. PHOTO DNA-C.Schneider

Sous l’impulsion de l’association Colmarbasson, deux classes de jeunes instrumentistes ont célébré le basson, ce samedi, au Pôle Média Culture Edmond-Gerrer.

Deux classes de bassonistes, l’une de Colmar et l’autre de Monaco, ont profité du lendemain de fêtes pour offrir l’exécution de quelques œuvres choisies uniquement avec leur instrument de prédilection.

Le registre étendu du basson (trois octaves et une quinte) permet en effet la transcription pour différents pupitres d’une même tonalité, des parties habituellement jouées par différents instruments. Chaque pièce choisie a ici aussi, comme l’a précisé Alain Deleurence, professeur des élèves alsaciens, des vertus pédagogiques. Sur une Fanfáry du tchèque Linek ou un madrigal de Thomas Marley, c’est la justesse que l’on va travailler. Sur d’autres titres, notamment des extraits d’ Indiana Jones et Star Wars (le thème générique, La Marche Impériale et le thème de la force, arrangés par Michel Mugot le professeur monégasque du jour), c’est le côté rythmique, le swing, qui sont privilégiés. Car le basson, plus mélancolique dans le registre mélodique et ses fréquences les plus aiguës, sait aussi se montrer groovy ( Swinging Sessions for Bassoons ). Mais quels que soient les titres interprétés et même si parfois tout n’est pas encore abouti, ce qui réunit les jeunes bassonistes et leurs professeurs est visiblement l’amour de leur instrument (le plus beau du monde, selon Alain Deleurence) et l’envie de le partager. La météo détestable de ce samedi aura probablement empêché la salle d’être comble, mais gageons qu’au mois d’avril, à Monaco, où les élèves colmariens se déplaceront, le beau temps sera de la partie.

L’ensemble des quinze stagiaires répète l’œuvre de Respighi qui sera jouée lors du concert de dimanche.   Photo Jean-Louis Lichtenauer

Le conservatoire de Colmar tient un stage à Sondernach, qui s’achève dimanche sur un concert gratuit.

Pour la première fois en Alsace depuis 30 ans, un stage de basson réunit quinze jeunes musiciens qui travaillent assidument leur instrument, au centre de vacances de Landersen à Sondernach, en préparant un concert gratuit qui sera donné dimanche.

Organisé par l’Association des parents d’élèves du conservatoire de Colmar suite au succès remporté lors du concours national de basson en février, ce stage risque fort d’être pérennisé vu le nombre de demandes et Alain Deleurence, professeur au conservatoire de Colmar et directeur du stage, envisage déjà de le dédoubler l’an prochain.

Parmi les quinze jeunes, certains ont 6 ans et une seule année de pratique, d’autres préparant des concours d’entrée en prépa supérieure, voire au conservatoire de Paris, et viennent de divers conservatoires de la région, auxquels se rajoute l’école de musique de Brumath.

Journées chargées

« Colmar est une ville pilote pour le basson » s’enthousiasme Alain Deleurence, que seconde Isabelle Ast, professeur d’accompagnement au conservatoire colmarien.

Débuté il y a 8 jours et s’achevant dimanche avec le concert de clôture, le stage est exigeant. Après un éveil corporel à 9 h avec l’apprentissage de la respiration, des cours en petits ensembles précèdent la formation musicale. Ensuite, selon un planning complexe établi par le président de l’association, Pascal Thomas, chaque élève suit un cours particulier avec Alain Deleurence. C’ est l’occasion de travailler la pièce préparée pour les concours.

Ensuite, répétition jusqu’à 18h30 de l’œuvre collective qui sera le grand moment du concert de dimanche, un arrangement sur des thèmes de Respighi qui permet d’apprécier l’étendue du basson français couvrant trois octaves et demi. Au centre de vacances, perché dans les montagnes, certaines sonorités font penser à l’alphorn…

« Pierre et le loup »

Colline Seyer a 14 ans et 7 ans de pratique : « J’ai découvert le son du basson en écoutant Pierre et le loup de Prokofiev. » Après avoir remporté le concours national cette année, elle prépare le prochain en travaillant un œuvre d’Eugène Jeancourt. Elle souligne l’excellente ambiance qui règne dans le stage et encadre les plus petits en leur dispensant des conseils, tout comme Emmanuel Vuillemin, 17 ans et 10 ans de pratique. « Lorsqu’Alain Deleurence nous a présenté son instrument au conservatoire, j’ai senti qu’il aimait cet instrument et je m’y suis intéressé. J’aime sa sonorité. Je répète le Concerto en fa majeur de Weber, en vue de la classe de prépa supérieure ». Les deux élèves sont habitués à jouer durant une heure. Dans ce stage, ils reconnaissent qu’au bout de trois heures les lèvres sont douloureuses…

Y ALLER Centre de vacances de Landersen, dimanche à 16 h. Au programme : Respighi, Mozart, Beethoven, Vivaldi. Il reste quelques places disponibles dans la classe de basson au conservatoire, des instruments peuvent être mis à disposition.